La route des vins d'Alsace : itinéraires de 2, 4 ou 7 jours

Entre Marlenheim, aux portes de Strasbourg, et Thann, au sud de Guebwiller, la route des vins d’Alsace déroule environ 170 kilomètres de coteaux, de villages fleuris et de caves familiales. Créée au début des années 1950, elle suit le piémont des Vosges sans jamais s’en éloigner beaucoup. Voici comment la comprendre, et comment la parcourir selon le temps dont on dispose.
Un tracé nord-sud au pied des Vosges
La route est balisée par des panneaux dédiés et serpente d’un village à l’autre plutôt qu’elle ne file droit. On peut la découper en trois grands secteurs, chacun avec son caractère.
| Secteur | De… à… | Ce qu’on y trouve |
|---|---|---|
| Nord (Bas-Rhin) | Marlenheim – Dambach-la-Ville | Obernai, Barr, Andlau, Mittelbergheim : vignoble plus discret, villages vivants, proximité de Strasbourg |
| Centre (autour de Colmar) | Bergheim – Turckheim | Ribeauvillé, Riquewihr, Kaysersberg : la carte postale, et l’affluence qui va avec |
| Sud (Haut-Rhin) | Eguisheim – Thann | Rouffach, Guebwiller, la vallée noble : coteaux escarpés, grands terroirs, rythme plus calme |
Le secteur central concentre la plus forte densité de villages célèbres. Le nord et le sud, moins fréquentés, réservent pourtant certaines des plus belles surprises, notamment pour qui aime marcher dans les vignes.
Itinéraire express : 2 jours
Deux jours suffisent pour saisir l’esprit de la route, à condition de se concentrer sur le centre.
- Jour 1 : Ribeauvillé le matin (la Grand’Rue, la tour des Bouchers), Hunawihr et son église fortifiée au milieu des vignes, puis Riquewihr en fin de journée, quand les cars sont repartis.
- Jour 2 : Kaysersberg et la montée au château, déjeuner à Turckheim, puis Eguisheim et ses ruelles concentriques à l’heure dorée.
Une visite de cave par jour est un bon rythme : au-delà, la dégustation devient une course et la conduite un problème.
Itinéraire équilibré : 4 jours
Quatre jours permettent d’ajouter le nord et une incursion au sud.
- Obernai et le mont Sainte-Odile : la place du Marché, puis la montée au monastère pour la vue sur la plaine.
- Barr, Mittelbergheim, Andlau, Dambach-la-Ville : une journée de villages vignerons moins connus, idéale à vélo ou à pied sur les chemins de vigne.
- Le château du Haut-Koenigsbourg, Ribeauvillé, Riquewihr : le grand classique, en commençant tôt pour le château.
- Kaysersberg, Turckheim, Eguisheim : avant de rejoindre Colmar pour la soirée.
La route complète : 7 jours
Une semaine permet de faire la route d’un bout à l’autre sans se presser, en changeant deux ou trois fois de base.
- Jours 1-2 : Marlenheim, Molsheim, Rosheim, Obernai, Barr. Le nord se prête aux balades et aux haltes dans les caves coopératives comme chez les vignerons indépendants.
- Jour 3 : Andlau, Itterswiller, Dambach-la-Ville, puis Châtenois et Kintzheim.
- Jour 4 : Haut-Koenigsbourg, Bergheim, Ribeauvillé.
- Jour 5 : Riquewihr, Hunawihr, Zellenberg, Kaysersberg.
- Jour 6 : Colmar en matinée, puis Turckheim et Eguisheim.
- Jour 7 : le sud, avec Rouffach, Guebwiller et ses coteaux en terrasses, et enfin Thann, au pied du célèbre coteau du Rangen.
Pour les bases de chaque étape, la page consacrée au fait de dormir sur la route des vins détaille les villages les plus pratiques, et notre guide général où dormir en Alsace aide à choisir entre gîte, chambre d’hôtes et hôtel.
Voiture, vélo ou à pied ?
La voiture reste le moyen le plus souple, mais les petites routes de vignes et les parkings des villages saturent en haute saison. Quelques alternatives fonctionnent très bien :
- Le vélo : la véloroute du vignoble relie la plupart des villages par des itinéraires balisés, avec des dénivelés modérés entre deux bourgs.
- La marche : de nombreux sentiers viticoles partent du cœur des villages et permettent de comprendre le paysage, parcelle après parcelle.
- Le train : la ligne Strasbourg – Colmar – Mulhouse dessert Obernai, Barr ou Sélestat par des embranchements, utile pour une partie du trajet.
Quand venir ?
Chaque saison a ses avantages. Le printemps est vert et tranquille, l’été animé par les fêtes du vin de village, l’automne doré par les vendanges, l’hiver illuminé par les marchés de Noël. Septembre et octobre sont souvent considérés comme la période idéale, mais ce sont aussi des mois très demandés : la page quand partir en Alsace détaille les atouts de chaque mois.
Bien préparer sa route
Quelques réflexes simples rendent le voyage plus agréable :
- partir tôt dans les villages vedettes, et garder les après-midi pour les secteurs moins connus ;
- appeler la veille les domaines que l’on veut visiter, surtout en semaine et pendant les vendanges ;
- prévoir un conducteur qui ne goûte pas, ou recracher systématiquement ;
- se renseigner auprès des offices de tourisme sur les fêtes du moment, qui peuvent fermer un centre-ville à la circulation.
Pour aller plus loin sur ce que l’on boit en chemin, l’interprofession publie une documentation complète sur le site des vins d’Alsace, et notre page sur les cépages d’Alsace donne les clés pour s’y retrouver dans les bouteilles.
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