Visiter Colmar : vieille ville, Petite Venise et musées

Colmar concentre dans un périmètre très resserré presque tout ce que l’on vient chercher en Alsace : maisons à colombages, canaux fleuris, églises gothiques et l’un des plus beaux musées de France. La ville se visite à pied, en une journée bien menée, et sert de point de départ commode vers la route des vins. Voici comment s’y prendre.
Comprendre la vieille ville
Le centre historique forme un ensemble compact que l’on traverse en vingt minutes de marche. Il ne faut pas pour autant le parcourir au pas de course : l’intérêt de Colmar tient à la densité des façades et aux détails qui se découvrent en levant les yeux.
Quelques repères pour s’orienter :
- La collégiale Saint-Martin, grande église gothique au cœur de la ville, autour de laquelle s’organise une place animée.
- La maison Pfister, avec sa tourelle d’angle, ses galeries de bois et ses peintures murales, l’une des façades les plus photographiées d’Alsace.
- La maison des Têtes, dont la façade Renaissance est couverte de visages et de masques sculptés.
- Le Koïfhus, ancienne douane médiévale à la toiture vernissée, qui marque l’entrée du quartier marchand.
- L’église des Dominicains, qui abrite la Vierge au buisson de roses de Martin Schongauer, peintre né à Colmar.
Les rues des Marchands, des Clefs et la Grand’Rue relient ces points. Mieux vaut les parcourir tôt le matin ou en fin de journée, quand les groupes sont repartis.
La Petite Venise et le quartier des Tanneurs
C’est l’image la plus connue de Colmar : des maisons colorées qui se reflètent dans la Lauch, petite rivière canalisée qui traverse le sud de la vieille ville. Le nom de Petite Venise est un surnom touristique, mais le décor est bien réel : anciens quartiers de maraîchers et de pêcheurs, ponts fleuris, barques à fond plat qui proposent des promenades sur l’eau à la belle saison.
Juste à côté, le quartier des Tanneurs aligne de hautes maisons à colombages dont les greniers ouverts servaient autrefois à sécher les peaux. Restauré dans la seconde moitié du XXe siècle, il illustre bien le travail de sauvegarde mené sur le centre. Le quartier de la Krutenau, au bord de l’eau, prolonge la promenade vers l’ancien marché couvert, aujourd’hui halle gourmande où l’on peut faire une pause.
Le meilleur point de vue sur la Petite Venise se trouve depuis le pont de la rue Turenne. La lumière est plus douce en fin d’après-midi, et la scène est encore plus belle quand les illuminations s’allument en saison de marchés de Noël.
Le musée Unterlinden, une étape à ne pas manquer
Installé dans un ancien couvent de dominicaines du XIIIe siècle, le musée Unterlinden est la grande raison culturelle de venir à Colmar. Il conserve le retable d’Issenheim, chef-d’œuvre de Matthias Grünewald et Nicolas de Haguenau peint au début du XVIe siècle pour les Antonins d’Issenheim. Ses panneaux, d’une intensité saisissante, justifient à eux seuls la visite.
Le musée ne s’arrête pas là : cloître, collections d’art médiéval et Renaissance, archéologie régionale, et une extension contemporaine reliée par un passage souterrain, consacrée à l’art moderne. Comptez au moins deux heures. Horaires et jours de fermeture évoluent : consultez le site du musée Unterlinden avant de venir.
Les amateurs de sculpture peuvent compléter avec le musée Bartholdi, installé dans la maison natale du sculpteur de la statue de la Liberté, né à Colmar. Plusieurs de ses œuvres ornent d’ailleurs les places de la ville.
Organiser une journée type
| Moment | Programme |
|---|---|
| Matin | Arrivée tôt, collégiale Saint-Martin, maison Pfister, rue des Marchands |
| Fin de matinée | Musée Unterlinden (deux heures au moins) |
| Midi | Déjeuner dans une winstub ou à la halle |
| Après-midi | Koïfhus, quartier des Tanneurs, Petite Venise, promenade en barque |
| Fin de journée | Retour par les rues calmes, dégustation dans une cave du centre |
Ce programme se cale facilement avec une demi-journée sur la route des vins : Eguisheim, Turckheim ou Kaysersberg sont à quelques minutes en voiture.
Se garer et se déplacer
Le centre historique est en grande partie piéton et les rues sont étroites. La solution la plus simple consiste à laisser la voiture dans l’un des parkings payants situés en lisière de la vieille ville et à tout faire à pied. En période d’affluence, notamment de fin novembre à fin décembre, les parkings se remplissent dès la fin de matinée : arriver tôt évite bien des tours de pâté de maisons.
Colmar est aussi bien desservie par le train. La gare se trouve à une quinzaine de minutes à pied du centre, et la ligne vers Strasbourg permet de combiner les deux villes sans voiture. Pour rayonner dans le vignoble en revanche, une voiture ou un vélo restent plus pratiques, les bus vers les villages étant moins fréquents.
Quand venir
Colmar se visite toute l’année, mais l’ambiance change beaucoup d’une saison à l’autre. Le printemps et le début de l’automne offrent le meilleur compromis entre météo et fréquentation. L’été est animé, avec des terrasses pleines et une foire aux vins régionale qui attire du monde. La période de l’Avent, enfin, transforme la ville en décor de conte, au prix d’une foule importante le week-end. Notre article quand partir en Alsace détaille les avantages de chaque période.
Dormir à Colmar ou autour
Loger dans la ville permet de profiter du centre le soir, quand il se vide. Loger dans un village voisin offre plus de calme et un accès direct au vignoble, avec Colmar à un quart d’heure. Le choix dépend du rythme du séjour : notre guide où dormir en Alsace compare les secteurs, et l’article dormir sur la route des vins détaille les villages les mieux placés autour de Colmar.
Cet article peut contenir des liens partenaires. Ils n'influencent jamais ce que nous écrivons.